Le Malawi ne peut plus se permettre de réagir face à la sécheresse. Voici à quoi ressemble un système proactif.
Publié le : 1 juillet 2026 (Articles)
Article de Doshanie Kadokera, économiste en chef, ministère de l'Agriculture du Malawi, et championne de la résilience à la sécheresse de la CIWA
L'économie du Malawi repose sur la pluie. Plus de 80% de la population dépend d'une agriculture pluviale. Quand les précipitations font défaut — et cela se produit avec une fréquence accrue —, les conséquences se font rapidement sentir : pertes de récoltes, insécurité alimentaire, tension budgétaire pour le gouvernement et périodes de relèvement prolongées pour les communautés les moins bien équipées pour absorber le choc.
J'ai vu ce cycle se répéter à plusieurs reprises. Et je suis convaincu que de simples réponses réactives ne suffisent pas.
En tant qu'économiste en chef au ministère de l'Agriculture du Malawi, mon travail dans le domaine du financement des risques de catastrophe et de la sécurité alimentaire m'a permis de côtoyer de près l'ampleur du problème et les possibilités de changement. En coordonnant le programme de la Capacité africaine de risque (ARC) et en soutenant l'Initiative africaine de financement des risques de catastrophe (ADRiFi), j'ai vu ce que les indemnités d'assurance souveraine peuvent accomplir — comment des ressources opportunes permettent une intervention rapide. J'ai également constaté les lacunes : en particulier au niveau des agriculteurs, là où l'architecture de protection s'amenuise précisément là où la vulnérabilité est la plus grande.
L'Initiative des champions de la résilience à la sécheresse, soutenue par le programme de la Banque mondiale pour la coopération dans les eaux internationales en Afrique, m'a donné la plateforme, les outils et le réseau de pairs pour aller plus loin.
Le processus d'évaluation des risques et de la résilience face à la sécheresse (DRRA) s'est avéré particulièrement précieux : il permet de cartographier non seulement les zones où les risques de sécheresse existent, mais aussi la manière dont ils se propagent d'un secteur à l'autre, ce qu'ils touchent, et où les investissements proactifs peuvent réduire la vulnérabilité avant que les chocs ne se produisent. Ce type de planification fondée sur les risques est le changement dont le Malawi a besoin.
Trois principes interconnectés se sont imposés comme essentiels à ma pensée :
Des données à la décision. Les systèmes d'alerte précoce n'ont de valeur que s'ils sont liés à une action précoce. Des données qui restent dans des tableaux de bord sans déclencher de financement ou d'intervention sur le terrain constituent une infrastructure qui ne parvient pas à exploiter tout son potentiel.
Du souverain au petit exploitant. Le Malawi a progressé en matière d'assurance contre les risques souverains. La prochaine frontière consiste à relier ces instruments aux solutions à l'échelle des agriculteurs et aux mécanismes de protection sociale, afin que la chaîne de protection atteigne les populations les plus exposées à la sécheresse.
De la coordination à l'intégration. La résilience à la sécheresse n'est pas un problème agricole, financier ou de gestion des catastrophes. C'est les trois à la fois — et cela exige que les décideurs nationaux, les institutions techniques et les partenaires au développement travaillent dans le cadre d'un système véritablement intégré.
Mon ambition, façonnée par l'initiative des Champions de la résilience à la sécheresse et par les pairs avec lesquels j'ai appris à travers la région, est d'aider le Malawi à bâtir un système où les risques de sécheresse sont anticipés, financés et atténués — et non plus simplement subis.
Les histoires d'autres champions, de l'Eswatini au Zimbabwe, du Botswana à l'Afrique du Sud, ont enrichi ma réflexion et m'ont fourni des modèles adaptables à ramener chez moi. Cette communauté d'apprentissage régionale est l'un des atouts les plus sous-estimés du programme.
Le Malawi peut mettre en place ce système. Nous avons les ressources humaines, la volonté institutionnelle et, désormais, une base de données probantes en expansion. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un engagement soutenu — de la part du gouvernement, des partenaires au développement et des défenseurs déterminés à continuer de plaider la cause.
Je suis un Champion de la résilience à la sécheresse pour le Malawi — et je m'engage pour toute la chaîne : des données à la décision, du financement à la livraison.

