Région du Sahel : L’accès à l’eau pour l’agriculture dirigée par les femmes est une victoire pour les communautés

Posté le : 26 février 2024

L’histoire d’Abibata Ouattara : Permettre aux femmes d’avoir accès à l’eau pour poursuivre leurs propres activités agricoles ne peut qu’avoir des effets positifs pour les populations locales.

Abibata Ouattara, Spécialiste en sécurité hydrique (Burkina Faso). ©Abibata Ouattara

Abibata Ouattara, qui est burkinabé, est convaincue que l’eau et les femmes sont précieuses et qu’elles vont de pair.

« L’eau nous donne la santé. L’eau nous apporte des ressources financières. L’eau nous permet d’avoir de meilleurs aliments »

Mme Ouattara est spécialiste en sécurité hydrique à Winrock International, organisation internationale à but non lucratif basée aux États-Unis qui réalise des projets dans des domaines comme la sécurité de l’eau, le changement climatique, l’agriculture et la résilience. Elle a récemment recensé, dans le cadre d’un projet de CIWA, les problèmes que pose aux agriculteurs sahéliens, et surtout aux agricultrices burkinabés, la mise en place d’une irrigation par les eaux souterraines.

Selon Mme Ouattara, plusieurs obstacles majeurs empêchent les femmes de pratiquer ce type d’irrigation. Tout d’abord, les contraintes socioculturelles réduisent les possibilités qu’ont les femmes de posséder des terres et, partant, de pouvoir les exploiter. Ces dernières hésitent donc à investir dans des puits et des forages lorsque leur accès aux terrains n’est pas garanti. Deuxièmement, elles n’ont guère de possibilités d’obtenir des technologies d’irrigation, notamment parce qu’elles n’ont pas d’informations sur ces technologies et les questions connexes. Troisièmement, elles n’ont pas accès aux ressources financières nécessaires à l’achat d’équipements et d’autres infrastructures agricoles.

Mme Ouattara pense que les pouvoirs publics pourraient remédier aux difficultés d’accès à la terre en réservant aux femmes une proportion des terres mises en valeur dans le cadre de projets d’irrigation. Elle insiste également sur l’importance d’adapter certaines infrastructures pour répondre aux besoins des femmes, par exemple en concevant des systèmes d’excavation plus faciles à utiliser. Enfin, elle attire l’attention sur la nécessité pour les pouvoirs publics d’améliorer l’accès des femmes aux subventions et aux prêts destinés à l’irrigation.

Mme Ouattara est ingénieure en qualité, sécurité et environnement et s’est spécialisée sur les questions relevant de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH) dans les contextes humanitaires. Elle est également titulaire d’un Executive Master en politique et pratique du développement, et se consacre plus particulièrement à l’adaptation des projets de développement aux contextes instables comme celui du Burkina Faso.

L’intérêt de Mme Ouattara pour l’aide humanitaire a amené cette dernière à fonder une association locale pour venir en aide aux personnes vulnérables, en particulier les femmes et les enfants.

« Il n’existe rien de plus gratifiant que de se mettre au service des autres et une femme est toujours heureuse de soutenir d’autres femmes », déclare Mme Ouattara. « En fait, il n’y a rien de plus réjouissant que de se consacrer aux autres ».

Mme Ouattara sur le terrain (Burkina Faso). ©Abibata Ouattara

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